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À Trieste, le café commence déjà au port

Les cafés de Trieste ont un héritage viennois. Le port voisin explique pourquoi une ville italienne s’est liée si étroitement à l’Europe centrale.

Rédaction Euro Magazine ·

Le Caffè San Marco à Trieste, photographié en 2009. Photo : Betta27, domaine public.
Le Caffè San Marco à Trieste, photographié en 2009. Photo : Betta27, domaine public. Crédits photo

Qui ne voit dans le café qu’une boisson passe à côté d’une partie de l’histoire de Trieste. Ici, la tasse est aussi liée au commerce, au transport et aux lieux de rencontre. Cette ville de l’Adriatique s’est développée comme port de l’Empire des Habsbourg. En 1719, Trieste obtint le statut de port franc. En 1857, la liaison ferroviaire avec Vienne fut achevée.

L’histoire du port montre à quel point le lien entre la mer et l’arrière-pays était important. Les marchandises ne devaient pas seulement arriver à terre, elles devaient aussi être entreposées puis acheminées plus loin. Le développement de la zone portuaire et des entrepôts s’inscrit dans ce réseau plus vaste. Un quai ne devient un maillon du commerce que s’il existe une route vers l’intérieur des terres.

Un café viennois au bord de l’Adriatique

Selon l’organisme régional de tourisme PromoTurismoFVG, des cafés ont ouvert à Trieste dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Leur aménagement et leur service ont pris un caractère viennois reconnaissable. Le lien avec les Habsbourg se comprend donc aussi à l’échelle d’un intérieur.

Entrepôts du vieux port de Trieste. Photo : Fred Romero, CC BY 2.0.
Entrepôts du vieux port de Trieste. Photo : Fred Romero, CC BY 2.0. Crédits photo

L’organisme cite notamment le Tommaseo, le Caffè degli Specchi et l’Antico Caffè San Marco comme cafés historiques. Ce sont des lieux qu’il associe à l’histoire culturelle et littéraire de la ville. Port et café se complètent ainsi : l’un rend visible le lien commercial, l’autre les habitudes urbaines qui s’y sont attachées.

Même la commande a un accent local

Les mots aussi sont propres à la ville. Dans le vocabulaire local du café, un espresso s’appelle un « nero ». Un « capo » est un café au lait, comme un macchiato ailleurs en Italie ; un « capo in b » est servi dans un verre. PromoTurismoFVG explique ces termes aux visiteurs qui pourraient sinon avoir une surprise au comptoir.

Cette petite différence de langue convient à une ville dont l’histoire dépasse les frontières. Trieste montre comment un produit du commerce international peut devenir quelque chose de très local. Les grains voyagent ; la manière dont une ville en parle reste reconnaissable entre toutes.

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